Jusqu’à cette année, nous avions jusque là arpenté ses allées en préchant la bonne parole du téléchargement, en MP3 HD et … Sans DRM S’il vous plait …. sur www.121musicstore.eu
Cette année, nous étions comme des lycéens aux portes de la faculté. Pour la première fois nous nous présentions aussi en tant qu’acteur de la distribution physique, de l’Edition et de la diffusion Radio sur le Web sous la marque 121 Digital Media !
Lors de ce Midem, il ne nous restait que peu de place pour la prospection, les agendas étaient “bookés” depuis fort longtemps… Nous nous devions de rencontrer les labels majeurs du catalogue Spirale ainsi que les clients historiques de 121 MusicStore, plus un nombre impressionnant de prospects contactés il y a 3 ans et enfin désireux de nous faire confiance
…
Avec une croissance de 12% des ventes physiques, et de plus de 100% des ventes digitales, une nouvelle société capitalisée à 4 Millions d’Euros, des indicateurs tous au vert intense, il était difficile de ne pas avoir le sourire, mais plus encore, pendant ces 4 jours de ne pas trop parler de cette satanée crise qui sommeille derrière chaque propos…
AMBIANCE GENERALE : C’EST PAS LA JOIE !
Tout d’abord la mauvaise nouvelle de ce 43ème marché de la musique de Cannes, le Midem a connu une diminution de sa fréquentation de 15% environ. La crise est évidemment passée par là, et l’impression de participer à un événement qui cherche un second souffle était renforcée par l’affluence plus faible que les années précédentes, bien sûr, mais aussi par l’absence d’une grande annonce. Dans ce contexte, ce Midem 2009 restera celui de la transition (transition que le métier tout entier tente de réaliser vers le numérique) et de l’attente, voire pour certains de l’impatience.
En guise de grande annonce tout et n’importe quoi se disait autour de la nouvelle arlésienne : la loi “Création et Internet”.
Les Mammouth sont en train de se congeler devant les chiffres : 60% de la valeur de la musique enregistrée s’est évaporée, et l’absence d’une alternative dans l’univers digital ne suffit pas à compenser cette chute. Avec quelques 76 millions d’euros tous formats confondus, les ventes de musique en ligne ou sur mobile ne représentent qu’un petit 13% du marché de la musique en France.
Un piètre résultat alors que d’autres pays comme les Etats-Unis ou le Royaume-Uni ont déjà converti plus de 30% de leur marché aux joies du téléchargement légal. Pour la quasi totalité des patrons de labels français, il manque une loi pour bien signifier que dorénavant le téléchargement d’oeuvres protégées par le droit d’auteur est interdit.
Non, rien n’a semble t-il préparé une industrie mondialisée à la situation actuelle… Pourtant si prévisible… L’industrie de la musique comme bien d’autre a passé ces 15 dernières années plus de temps à faire de l’argent avec de l’argent qu’à se soucier de son futur… La valeur du titre a supplanté cette de l’Artiste…
Eh oui messieurs les faiseurs de « reality star », vous avez licencié des Artistes au profit de comptables… fermé des studios, remplacé des directeurs artistiques par des managers nantis de MBA, et ce faisant, malgré les apparences avez choisi d’être cigales plus que fourmis…
Il va donc falloir retourner aux fondamentaux. Se rappeler que l’on en peut devenir riche que du travail, et que la vrai richesse ne se perd jamais. Les chanceux détenant les catalogues d’Aznavour, Brel, Brassens, des Beatles des Pink Floyd, de Sinatra et autres consorts, si ils ne les ont pas convertis en instruments financiers le savent bien. le Talent est éternel…. Comme les diamants.
A coté de ça on nous a présenté des modèles pour faire fortune, vite et mal… on nous a livré les stras d’un jour, des chanteurs(euses) aphones ou incapables d’être juste, mais prêts(es) à tout pour réussir, produisant tantôt des albums (avec un ou deux titres à peine corrects vendus 25 €), tantôt des lignes de vêtements ou s’essayant à la publicité en se transformant en être sandwich pour quelques poignées d’Euros ou contre la promesse d’être invité ici ou là….
Si vous ajoutez à cela une petite dose d’internet incontrôlable, et le ras le bol général d’une certaine génération (les vieux c…) l’absence totale de respect et l’inculture de l’irresponsabilité d’une autre (les jeunes c…)… Et voila le résultat ! Formidable comme dirait l’ami Jack !
Donc, faute de mieux, tous sont suspendus au vote de la loi “Création et Internet”, c’est dire si ils sont dans l’embarras.
QUOI DE NEUF DOCTEUR ?
Heureusement, certains invités venus pour la plupart de l’étranger, ont su montrer qu’il existait d’autres chemins pour l’industrie de la musique. Ainsi, Michael Robertson, créateur de Mp3.com est intervenu en video conférence pour livrer son analyse sur la situation. Et il est peu de dire qu’elle est iconoclaste. L’actuel patron de MP3Tunes affirme tout bonnement que les meilleurs idées doivent être puisées dans le monde des pirates, et de l’underground !
Plus acceptable pour les personnalités du disque, la présentation de l’expérience commerciale menée par Nine Inch Nails, le groupe de Trent Reznor. Pour la sortie de son dernier album, le groupe n’a pas hésité à offrir les titres, mais aussi à proposer des produits haut de gamme à 300 dollars. Avec un succès important, puisque les 2500 pièces sont parties en 30 heures ! Une belle opération qui démontre qu’une relation forte entre un artiste et ses fans est toujours une base fertile pour des opérations commerciales ou promotionnelles réussies. La présentation a impressionné, mais on ne peut pas en dire de même pour tous les invités vedettes de ce Midem. Google a déçu en pratiquant une langue de bois bien pâteuse, ou encore MySpace Music, qui n’a pas été plus intéressant, laissant l’assistance dans l’expectative.
Enfin, d’autres ont carrément tapé du poing sur la table, estimant que les maisons de disques ne jouent pas le jeu, comme par exemple l’agrégateur Believe (…dont j’ai toutefois du mal a situer la stratégie ailleurs que dans une volonté de déplacer les pôles de profit afin d’espérer une petite part du gâteau…)
Il est vrai que de lire partout que le futur passe par la confiance et la liberté [MP3 sans DRM], que la qualité tient un rôle majeur [320 K, Tags impeccables]… Que l’Artiste doit être au centre des préoccupations.., nous satisfait autant que cela nous fatigue, voire nous désespère… Tout ce temps perdu pour rien ! Car en bref il s’agit de confirmer que les recettes appliquées par 121MusicStore.eu dès 2006 [et par bien d'autres sites indépendants] semblent être les bonnes
Maintenant il serait temps de se retrousser les manches, notamment en accélérant largement la numérisation du catalogue mondial disponible [près de 91 000 000 de titres, pour plus ou moins de 10 000 000 de titres disponibles en téléchargement !], et d’ouvrir les yeux sur des systèmes sains de commercialisation de façon à recréer le dynamisme d’antan ou plus de 500 000 enseignes vendaient de la musique en lieu et place des 35 000 Aujourd’hui, tout en étant « infichues » de faire au moins le même chiffre… Eh oui, la concentration n’a pas que du bon messieurs les décideurs. La passion, l’Imagination, l’Amour sincère du métier et/ou de la Musique vont rester pendant encore quelques siècles les bases de l’économie de la Musique qui devra se refonder aussi vite que possible.
Il serait tentant de conclure sur une sorte de rendez-vous manqué entre une génération d’entrepreneurs désireux de lancer des expérimentations osées, et une partie de l’industrie, qui essaie tant bien que mal de conserver un revenu en ces temps de crise…. J’exclue de là tous les apprentis sorciers qui se fichent bien de la musique, mais sont essentiellement mus par l’envie de profit… A tout prix… A n’importe quel prix !
Raoul SCULTORE
NDLA : Un grand merci à tous ceux qui m’ont aidé pour l’accomplissement de ces quelques lignes
Quelques news Compémentaires à lire pour compléter ce petit tableau :
http://www.numerama.com/magazine/11641-L-album-le-plus-vendu-sur-Amazon-en-2008-etait-aussi-offert-gratuitement.html
http://www.numerama.com/magazine/11136-1ers-licenciements-massifs-pour-la-musique-financee-par-la-pub.html
